Oui, j'ai bien écrit "
les cours de français". En fait, les profs ont trouvé la planque. Ils me valident mon unité académique non pour assister aux cours et réussir aux examens mais pour
faire les cours à leur place pendant qu'ils rentrent tranquillement chez eux. Tout ça pour dire qu'ils n'ont rien à envier à nos chers fonctionnaires français.
Me voici donc seul, parfois avec mes deux compatriotes
(comme ça je n'ai pas à les nommer, ce blog doit rester courtois), face à une classe de 6 à 18 minettes qui n'osent,
pour la plupart, pas parler sinon à leur voisine. Les thèmes abordés vont des
Francs au système éducatif français en passant par
déplacements et itinéraire ou encore la
météo (mardi prochain...).
Parfois néanmoins, j'ai l'agréable surprise de découvrir que ces charmants minois sont également doués de la faculté de parole et voici ce que ça donne :
"_Excusez-moi François, cela n'a rien à voir avec le cours (sur l'itinéraire en effet) mais j'ai une question importante à
vous poser.
_ Allez-y je vous écoute, mais en français alors (quel sadique !)
_Cet été je suis allée à Paris et au restaurant j'ai demandé varškė et on m'a servi grietinė avec
sucre..."
Traduction, j'ai demandé du fromage blanc et on m'a servi de la crème fraîche !
Eh oui, il a donc fallu lui expliquer (en
fran-russo-glais-tuanien, je vais devenir fou) que la crème fraîche lituanienne est à mi-chemin entre notre fromage blanc et notre crème fraîche
tandis que le fromage blanc lituanien s'approche davantage du творог
[tvarog] russe. Bref, qu'on ne lui a pas servi de la crème fraîche mais du fromage blanc et qu'elle a bien eu tort de
ne pas le manger. Il va sans dire que je ne ne lui ait pas expliqué que la crème liquide n'est pas du
kefiras et me suis encore moins lancé dans la recette du
Bibeleskäs.
Affaire à suivre... Le nombre de cours à préparer s'accumulant, je sens que je ne suis pas au bout de mes surprises et de ce genre de question existentielle. Ceci dit, tant mieux, au moins je ne
risque pas de sombrer dans l'ennui. La vie ici est toute d'imprévus !... "
prévoir" étant d'ailleurs un verbe dont les lituaniens semblent ignorer l'usage mais j'y reviendrai plus tard ;
j'ai une traduction anglais-français à terminer de corriger cette nuit pour je ne sais quelle conférence européenne
CIVITAS à Kaunas qui doit débuter demain il me semble.